| marge |
oo
o
Rubrique
: REGARDS
Du RMI au RSA
30 novembre 1988 : instauration du RMI.
La loi sur le
revenu minimum d'insertion (RMI) est définitivement adoptée par
l'Assemblée Nationale à l'unanimité. Le texte, proposé par le
gouvernement de Michel Rocard, sera débattu durant les mois
d'octobre et novembre avant d'être voté.
Michel Rocard, le 30.11.88
du temps où il était de gauche avec le RMI
et pas encore de droite avec la taxe carbone !
Donner ou prendre, that is the question !
Dès février 1989, 570 000 foyers pourront bénéficier du RMI. Ce
dispositif, créé à l'origine comme une assistance temporaire
pour aider les chômeurs en fin de droits à se réinsérer, est
devenu un véritable revenu à long terme pour des dizaines de
milliers de personnes.
A bout de souffle dans son volet "Insertion", le RMI va
deviendra progressivement
le Revenu de solidarité active (RSA) Ã
partir du 1er juillet 2009.
Le montant ne changera pas, mais le système ajoute la
possibilité, pour ceux qui décideront de retravailler, de
cumuler un salaire et 62% de l'ancienne allocation. Le RSA
apportera aussi un coup de pouce aux salariés les plus modestes
(jusqu'Ã 1,04% du SMIC) qui toucheront un bonus.
"Cela signifie qu’un érémiste
reprenant un travail touchera son salaire plus son RMI amputé de
38 % du salaire. Le dispositif s’annule à 1,04 SMIC
(actuellement 1 374 euros brut par mois)."
(source)
"Le I de RMI a
toujours été le point faible", explique Bernard Schricke, du
Secours catholique. "L'insertion ne peut être atteinte que dans
une société créatrice d'emplois. Et le RSA rencontrera la même
difficulté".
Le RMI a été le
filet de sécurité qui a permis, dans un pays où certains ont
TOUT, de permettre à d'autres de ne pas avoir RIEN.
Oui les critiques peuvent et ont été nombreuses et beaucoup ont
été justifiées. En particulier sur l'inapplication du "I" de RMI
c'est à dire l'insertion.
Mais rien ne justifie des assertions comme :
"Le RSA, c'est une manière de mettre fin à un système
injuste,
incompréhensible, qui fait que quand on reprend du travail,
on a souvent un pouvoir d'achat qui est en diminution."
François Fillon
Oui certaines personnes perdaient de l'argent en retrouvant du
travail car elles perdaient le bénéfice d'autres aides. Et
Monsieur Fillon répond à cet épiphénomène. Épiphénomène ? Oui
car c'est voir la question par le petit bout de la lorgnette !
Comme si l'argent était le seul problème ! Ce qui m'a toujours
frappé c'est le rapport des personnes avec ces "mauvais"
contrats qu'étaient les CES (contrat emploi solidarité),
contrats à durée déterminée à temps partiel, créés en 1990.
L’objectif était de faciliter le retour à l’emploi de personnes
rencontrant des difficultés d’intégration en leur permettant
d’acquérir un savoir-faire et en les faisant bénéficier d’une
formation. Souvent ces contrats mal payés, à temps partiel, Ã
durée indéterminée, étaient vécus comme "c'est MON travail". Il
y avait une appropriation qui redonnait un semblant de statut
social. L'enjeu du RSA restera le même que celui du RMI :
redonner un statut social, une individualité sociale là où la
personnalité de chacun est battue en brèche et risque de
s'égarer. Là où le RMI a rencontré des difficultés le RSA risque
de rencontrer les mêmes.
Comment sont considérés les individus ? Souvenez vous, il y a 20
ans, avant le RMI, ceux qui n'avaient pas de travail c'étaient
"des fainéants" ! Sous prétexte de revalorisation du travail le
"A" de RSA veut dire "active" : comment la solidarité peut elle
être active ? J'espère que l'on ne va pas réintroduire cette
notion de rejet des inactifs qui va à l'encontre de l'insertion
elle même ? Pourtant officiellement
on nous dit
"le
RSA sera perçu en contrepartie de l'effort fait pour se former
et rechercher activement un emploi". Que je n'aime pas ça !!!
On en revient :
1/ à cet a priori que l'on doit être coercitif avec ces
fainéants de chômeurs (20 ans en arrière) ;
2/ qu'il faut une contre partie pour aider autrui. Dans les deux
cas c'est une bien triste vision d'autrui.
A contrario, si pour des raisons psychologiques ou autres autrui
ne veut pas travailler, oui ce n'est pas moral, mais que fait-on
? Qu'il crève ? Ou estime t'on que dans notre société il faut
assurer le minimum vital et ENSUITE faire de l'éducatif, du
pédagogique, de la conscientisation, de la citoyenneté, enfin
appelez cela comme vous voulez ?
Il y a déjà des trous dans le gruyère
!
Je crois, oui comme Mireille "je croaaa", que des propos comme
ceux relevés de Monsieur François Fillon sur le site
gouvernemental - et non par un journaliste que l'on accuserait
ensuite de transformation - devraient vraiment être plus
modérés. A l'époque du RMI il s'agissait d'assurer un minimum Ã
tout à chacun. Aujourd'hui l'enjeu du RSA n'est plus seulement
de reprendre du travail (comme si le travail et l'argent seuls
étaient salvateurs) mais d'essayer d'aider ceux qui travaillent
de ne pas être en dessous du seuil de pauvreté !!!
Travailler plus pour gagner plus alors que l'on en est à aider
les travailleurs pauvres ? Martin Hirsch a fait, le 30 juillet,
le point sur la montée en charge du dispositif. Au 6 juillet
2009, c'est 1,3 million de foyers (anciens bénéficiaires du
revenu minimum d'insertion et de l'Allocation parent isolé et
travailleurs modestes) qui ont reçu les premiers versements du
RSA. A terme, environ 2 millions de travailleurs pauvres
devraient en bénéficier.
Le nombre de
bénéficiaires du RMI baissait ces dernières années ! Est-ce
parce que le chômage lui-même baissait ? Je n'en ai pas
l'impression. Le fait que l'on espère presque doubler le nombre
de bénéficiaires dans le système du RSA est-il positif ? Par
ailleurs, pour faire court, on nous explique qu'en fait le RSA
permet de regrouper plusieurs allocations comme l'allocation de
parent isolé. RSA = un seul guichet avec ce que cela comporte et
augmentation de la dépendance sociale ?.
Ne serait-il pas temps que nous nous mettions à réfléchir 5
minutes, non ???
Vous savez, Monsieur Martin Hirsch, on dit que l'enfer est pavé
de bonnes intentions. Vous vous êtes mis au service d'une
politique de droite ; oui, quelqu'un comme vous a sans doute
envi d'agir. Mais ne croyez vous pas que les actes que vous
posez ne prennent pas la coloration du cadre dans lequel ils le
sont, posés ? Oui, gauche/droite c'est simpliste. Mais il semble
bien que l'on se contente politiquement actuellement d'une
simplissime zone objectivable sur des valeurs humanistes (contre
la guerre, contre le chômage, contre la faim dans le monde, pour
la liberté...) et qui a sans doute ses racines dans le "vous
n'avez pas le monopole du coeur" de 1974 par Giscard D'Estaing ?
Oui j'entends les choix stratégiques pour soi disant faire
baisser le chômage tout en entendant les choix stratégiques de
délocalisation pour augmenter le capital. C'est possible de
faire les deux en même temps ? Cette politique bénéficie d'un
principe de réalité qui fait que c'est l'AVOIR, l'argent, le
capital, qui gouverne le monde.
Vous le savez mieux que moi, à Emaüs, qu'est ce qui sauve ces
hommes et ces femmes ? Ce n'est pas le travail. C'est cette
dignité retrouvée à travers le partage, la gamelle, le toit, la
collectivité,... et qui donne éventuellement envie ensuite de
travailler pour se reconstruire socialement. Mais c'est d'abord
la personne humaine ; ensuite l'individu social, non ? C'est
privilégier l'ETRE.
Oui, personne ne va cracher dans la soupe du RSA. Un pansement
de plus et cette fois qui prend en compte les nouveaux pauvres,
c'est bien ! Depuis de nombreuses années maintenant on
subventionne bien les agriculteurs et les pêcheurs qui vivent de
moins en moins de leur travail (quant l'Europe ne demande pas de
rembourser). Alors pourquoi pas aussi maintenant les ouvriers
!!! Vive la dignité humaine. Et surtout, ne partagez pas le
travail, travaillez plus pour gagner plus !
Vous vous sentez bien dans votre peau, vous ? "Science sans
conscience n'est que ruine de l'âme" a écrit Rabelais. Le pognon
aussi : "pognon sans conscience n'est que ruine de l'âme", non ?
Et la conscience du pognon c'est ce à quoi et à qui il sert :
sert-il bien notre société, est-il réparti au mieux ? Le RSA
est-il bien un moyen au service d'une société et de son système
qui gère au mieux les intérêts de ses citoyens ? Ou ne vient-il
pas palier à un dysfonctionnement ? Dans la science fiction
parfois les robots ne sont plus au service de l'homme mais
prennent le pouvoir. Ne sommes nous pas en train d'assister à la
même chose avec les finances ? C'est l'homme d'abord ou les
finances d'abord ? En tout cas pour le RSA ce qui me choque
c'est que manifestement la monnaie d'échange c'est d'abord
l'activité.
Dés lors je me pose la question qui est de savoir à quoi et Ã
qui sert réellement le RSA ? Pas vous ?
|
|
Je trouve pas ! C'est où ????
|
|
|
marge |